En regardant mon fichier clientèle j'ai remarqué une récurrence qui m'a fait sourire : je finis régulièrement par intervenir dans une entreprise (que j'avais parfois démarchée directement sans succès 😉) … après avoir d'abord reçu un de ses cadres en cabinet, à titre personnel.
Quelqu'un qui vient parce qu'il ne dort plus, qu'il est épuisé, irritable, qu'il a la sensation d'être sous pression en permanence.
Il me dit qu'il n'arrive plus à décrocher, même chez lui. Et puis, forcément, on parle du travail.
Et là, j'entends souvent les mêmes phrases : "Mon équipe est devenue compliquée." "J'ai l'impression de tirer tout le monde." "Je passe mon temps à relancer." "J'ai l'impression de porter des adultes comme si je devais les materner." "Si je ne vérifie pas tout, ça part dans tous les sens."
Et en fait, ce qui est intéressant, c'est que sa propre prise de conscience de l'épuisement lui permet souvent de voir autrement ce qui se passe autour de lui.
Il réalise que ce qu'il vit lui — la fatigue nerveuse, la charge mentale, l'hypervigilance, la difficulté à récupérer — ce n'est pas juste son problème personnel.
C'est souvent le symptôme d'un environnement de travail entier qui fonctionne en surchauffe.
Son équipe n'est pas forcément "difficile". Elle est souvent dérégulée.
Quand le système nerveux est saturé, les gens oublient, repoussent, s'agacent plus vite, prennent mal les remarques, évitent les décisions, résistent au changement, perdent en concentration.
Vu de l'extérieur, on appelle ça des problèmes de comportement.Mais en réalité c'est souvent juste un problème de surcharge nerveuse.
Et le manager se retrouve au milieu, à compenser pour tout le monde, jusqu'à ce qu'il devienne lui-même le prochain à craquer.
C'est souvent comme ça que commencent mes interventions en entreprise.
Par quelqu'un qui pensait venir "juste" pour lui… et qui comprend finalement qu'il est en train de me parler de tout son système de travail.



