"J'en peux plus, je me mets à mon compte !"
Je ne sais pas combien de fois j'ai dit cela avant de franchir le pas. Et depuis je l'ai entendu des centaines de fois, chez mes clientes, mes amies, et je l'ai aussi lu sur LinkedIn récemment.
Ces mots sont répandus, parce qu'à un moment, beaucoup de gens ne quittent pas le salariat pour réaliser leurs rêves. Ils partent pour essayer de respirer. Ne plus avoir quelqu'un sur le dos. Ne plus demander la permission pour vivre. Retrouver du sens. Arrêter cette sensation d'être toujours fatigué, même le lundi matin.
Ce dont on ne parle pas assez, c'est l'état dans lequel la plupart des gens arrivent dans l'entrepreneuriat.
Mon constat, pour l'avoir vécu moi-même, c'est que ce sont des personnes déjà épuisées nerveusement. Habituées à fonctionner sous pression, à culpabiliser quand elles ralentissent, à ignorer leurs besoins, à être disponibles tout le temps, à croire que leur valeur dépend de leur performance.
Et on leur dit : maintenant tu vas porter seul(e) le chiffre d'affaires, la communication, les clients, l'incertitude, l'administratif, la visibilité, la comparaison permanente sur les réseaux, et la peur de ne pas y arriver.
Qu'on le veuille ou non, forcément quelque chose va lâcher à un moment ou à un autre.Ce qui est troublant, c'est qu'on glorifie cet état : le stress devient de l'ambition.
L'hypervigilance devient de la motivation. L'incapacité à décrocher devient de la passion.Pendant longtemps, j'ai cru que le problème venait de moi. Que je n'étais pas assez organisée, pas assez disciplinée, pas assez solide, mal préparée à cette vie.Il m'a fallu des mois pour comprendre quelque chose de beaucoup plus simple : oui j'étais mal préparée, mais pas comme je croyais. Il ne me manquait ni une formation, ni un modèle d'organisation 4.2.
Il me manquait la conscience qu'on ne construit pas quelque chose de stable avec un système nerveux déjà en état d'alerte.
Sauf que même moi je ne me sentais pas en alerte.
Parce que, parlons-en franchement, dans notre éducation nous sommes tellement habituées à "tenir", à "faire avec" que l'on n'entend plus les signaux de notre corps qui dit STOP.
Et finalement "être stressée, c'est normal" et on n'imagine pas que ça pourrait nous empêcher de quoi que ce soit.
Et pourtant… il suffit de la goutte d'eau en plus pour que la machine se bloque.
Pour qu'on n'arrive plus à poster sur les réseaux, pour qu'on repousse les appels de prospection, pour qu'on "oublie" d'envoyer les devis, les factures, pour que la passion se transforme en flemme culpabilisante.
Je t'invite à venir découvrir comment ne pas en arriver là, ou comment en sortir, lors de ma conférence "Sommes-nous vraiment devenus fragiles ?"
Pas pour te culpabiliser. Mais pour comprendre ce qui est réellement en train de nous arriver, à nous tous.



